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CHIHUAHUA AL PACIFICO : EL CHEPE Un chemin de fer de légende: Un
voyage vertigineux de Los Mochis à Chihuahua, nous visiterons le canyon
de la Barranca del Cobre
Bref historique : Cette ligne de chemin de fer, a été la réalisation de l'idée un peu utopique de l'ingénieur américain Albert Kinsey Owen originaire de l'Indiana. En effet, celui-ci membre fondateur de la Colonie Socialiste Utopiste " New Harmony " décida d'exporter une nouvelle colonie de sa congrégation au Mexique. Il arrive au Mexique en 1871 et réussira à obtenir la première concession en 1880 du Président mexicain le General Manuel Gonzáles. Avec l'aide de sa colonie il commence péniblement cet immense chantier, mais après vingt années de labeur, il jette l'éponge devant cet ouvrage presque irréalisable en raison de la topographie des sites à traverser et des finances insuffisantes. 90
années et 90 millions de dollars pour construire la voie ferrée !. En
fait ce canyon fait 600 km de longueur et 250 km de largeur; il est
souvent comparé aux Grand Canyon du Colorado. Il est composé
d’une succession de plusieurs canyons dont les plus grands sont : Urique,
Sinforosa, Copper, Tararecua, Batopilas, Oteros.
Sa profondeur maximum se trouve dans la zone de Urique, où la différence entre les cimes et la rivière qui coule au pied des falaises est de 1879 mètres.
C’est d’ailleurs sur ce territoire que l’armée US pourchassa Pancho Villa pendant dix ans.. sans succès, il faut dire que
celui-ci travailla à la construction de la ligne et connaissait parfaitement
toute la région. Cette
ligne de chemin de fer mythique est longue de 655 km, compte 39 ponts et 86 tunnels; durée du trajet total annoncé:
entre 14 et 18 heures. Elle traverse la Sierra Madre occidentale appelée dans
cette partie Sierra Tarahumara du nom du peuple
indien qui l’habite. Un des derniers peuples
d’Amérique latine à conserver son propre mode de vie et à refuser
l’influence d Le train
longe les canyons et les enjambe, descend au fond pour jouer avec un fleuve et
remonte pour le dominer vertigineusement. Cette région découverte par
des missionnaires jésuites, à la recherche de cuivre, au 17eme siècle, et
qu’ils baptisèrent Barranca del cobre ( canyon du cuivre) est celle pour
laquelle le train est irremplaçable. Donc, ainsi tout commence côté de l'océan Pacifique, presque en bord de la mer de Cortes, à Los Mochis que nous avons rejoint par avion depuis Mexico nous offrant, quelques instants avant l’arrivée, le survol de paysages d’une grande beauté : d’un côté, un paysage agricole extrêmement plat, de l’autre le Pacifique qui joue avec une côte montagneuse très découpée. On vire sur l’aile pour atterrir dans un désert de sel et arriver dans une toute petite aérogare d’où il faut prendre un taxi pour rejoindre la ville Los
Mochis : Etat du Sinaola -
1heure de décalage avec Mexico, altitude
14m, 235 000 habitants; à 15 mn de la mer elle est reliée à la péninsule de
la, Basse Californie par un ferry faisant la navette entre Topolobampo et la Paz.
Comme dans un film sur le far- West, une impression étrange d’arriver nulle
part, même si, plus tard, nous nous repérons dans ces rues bordées d’échoppes
puisque là, comme partout, tout le monde a quelque chose à vendre.
Enfin nous y sommes dans ce train magique et commençons notre voyage à son allure (26kms/heure de moyenne) qui permet sans problème de dévorer le paysage. Nous sommes installés à droite comme le recommandent les guides, mais nous bougerons beaucoup et passerons de longs moments le nez dehors, accoudés à la portière. Pour le confort pas de regrets, tout est bien, il y a de la place, tout est très propre et sera entretenu plusieurs fois pendant le voyage. Pour l’ambiance c’est parfait, nous sommes avec de vrais locaux qui voyagent les uns pour leur plaisir, les autres par nécessité. La nature est belle, propre sans les hommes et pourtant, dans les
clairières, des troupeaux; que mangent-ils dans ces étendues sans herbe ?
Quelques arbres osent de petites fleurs jaunes ou blanches qui rivalisent avec
les papillons pour mettre un peu de couleur. Le
paysage commence à se gondoler et à se contraster, étendues plus vastes et
collines plus hautes. Nous arrivons à Laredo, il est 12h 20, personne ne
descend puis arrêt bref à Los Posos. Nous nous installons le nez au vent et respirons la chaleur et l’odeur du train. Un oiseau de proie nous fait admirer le dessous beige de ses grandes ailes, un petit rongeur court à ses affaires, les arbres nous offrent de superbes et éclatantes fleurs jaunes, d’autres des roses tout s’entremêle. Un grand lac occupe un cirque fabuleux. Nous le
traversons sur un pont immense et filiforme, la montagne commence à montrer ses
dents, nous entrons dans la démesure. Le rio s’enfonce. A la sortie de chaque
tunnel nous prenons une claque de chaleur, nous sommes au fond du canyon, un
filet d’eau fait briller les galets, des papillons font la course avec le
train.
Nous nous arrêtons en pleine nature et laissons passer dans l’autre sens une locomotive qui traîne wagons de marchandises et engins d’entretien des voies. Le train traverse puis retraverse le rio Septentrion avant d’arriver à Temoris, tout au fond d’un cirque, où il fait un immense zigzag, pour lui permettre de grimper encore. Il y monte beaucoup de rancheros. Nous faisons ensuite un grand coude dans un tunnel, climatisation et électricité sont en panne : il fait chaud mais surtout très noir et l’esprit se met à gamberger. L’altitude augmente au fur et à mesure de la progression de la loco pour parvenir à plus de 2000 m. Peu à peu, la végétation change, les arbres se font forêt, les sapins entrent en scène ; l’air est moins chaud, nous arrivons à Bahuichivo, il est 16 h 20, nous avons 1h 10 de retard. Nous croisons le train Primera Express qui descend de Chihuahua. Une poignée de touristes montent. La pierre se fait blanche, la forêt prend des couleurs rouges, comme pour un feu d’artifice nous avons peur que le plus beau soit passé, était-ce le bouquet final ? Mais non, des cheminées de fées maintenant ! et les premiers indiens Tarahumaras sur le quai de San Rafael. Il paraît qu’on est à 3 h de Creel.
Il monte beaucoup de monde et le train repart en sifflant presque désespérément
et puis on arrive à El Divisadero El Divisadero : Le train s’y arrête 20 minutes, tout le monde descend. Nous sommes à la Barranca del Cobre (canyon du cuivre), l'endroit où se croisent plusieurs rivières en canyon. Nous avons tout lu sur cet endroit, mais descendons le petit bout de chemin qui mène au point de vue le cœur battant d’émotion, et là c’est inouï, d’une beauté totale ! mais il est déjà un peu tard et le fond du canyon est dans l’ombre; bientôt le spectacle sera terminé pour aujourd’hui mais il recommencera demain. C’est en remontant la petite ruelle que l’on prend conscience de la présence de toutes ces femmes indiennes assises derrière leur artisanat qu’elles proposent. Le train siffle, il faut repartir, il est 18 h45 (1 h 30 de retard) où bien passer une nuit à l'hôtel.
Creel
: 6000 habitants, 2330m d’altitude
255 km de Los Mochis, 299 km de Chihuahua un monde en soi ... Les
Tarahumaras : Peuple indépendant, les Tarahumaras se sont
réfugiés il y a environ 400 ans dans les montages de la Sierra Madre
Occidental pour éviter les missionnaires Jésuites qui sont arrivés en 1607
dans la région. Pratiquement tous agriculteurs, ils cultivent en grande partie
les haricots rouges et bien sûr le maïs traditionnel qui reste la base de leur
alimentation. Vivant en autarcie, ils restent à l'écart du reste du pays,
préférant vivre le long des rios ou dans les vallées dans de petites communautés paysannes. Quand
aux femmes elles se consacrent aux enfants et à la confection d'objet artisanaux.
Ces
courses folles sont souvent précédées des rites du chamanisme et de la
consommation d'extraits de cactus, le peyotl. Cette plante sacrée, dans
son usage médicinal, avait la réputation de conférer à celui qui en faisait
un usage modéré, une vigueur et une force suffisantes pour lui permettre
d'affronter sans boire ni manger de longues et pénibles marches sous un soleil
ardent, ce qui, aux yeux des Indiens, passait pour une supériorité sur les
simples voyageurs épuisés et leurs moyens de réconfort ordinaires…. De
Cette
Sierra offre l'image d'un monde originel et le décor naturel idéal pour
que l'homme, la faune et la flore puissent s'intégrer mutuellement dans une
complète harmonie. Du temps de la ruée vers l'or, Creel et sa région étaient un grand de centre forestier qui alimentait Chihuahua . Le complexe écotouristique Tarahumara est un endroit passionnant avec notamment la vallée des Monjes (les moines) : en fait de grands monolithes aux formes presque humaines, le lac sacré Arakero, et les fermes des indiens logées dans ces grandes vallées, ou ces vastes plateaux. La marche y est facile et l’on peut faire beaucoup de km dans cette
zone magnifique où le silence est total; nous sommes seuls dans des paysages
d’une grande beauté (où l’on peut se perdre mais, heureusement, l’église
de la mission San Ignacio, faite d’adobe, nous servira de point de repère).
Le lendemain matin, le bus, en 1heure par une très belle route, nous ramène à El Divisadero, à la Barranca del Cobre pour que l’on puisse en profiter vraiment. La lumière est belle, nous avons le temps.
Nous passons un long moment ici, conscients d’être dans un lieu unique et, sans doute, pour une unique fois. On voudrait tout imprimer au fond des yeux. Dans le bus du retour en fin d’après-midi, beaucoup d’indiens montent et descendent au gré des arrêts; les robes des femmes gansées et volantées sont souvent de belles couleurs celles qu’elles donnent à ce pays dur. Elles portent leurs enfants dans le dos dans de grands tissus qui leur font comme des hamacs mais difficile de croiser un regard et on se sent renvoyé à sa culpabilité d’homme blanc par cette non prise en compte de notre présence; étrange impression !
Le soir à Creel il fait froid, mais le paseo le long de la voie de chemin de fer est un moment important.
Coincé
entre la montagne et la rivière, le village de Batopilas
s’étire tout en longueur dans ce
peu d’espace plat qu’il occupe. Ce
fut un village de chercheurs d’or, fondé au 17ème siècle, mais
aujourd’hui, l’or est dans la rivière. Le lendemain, le bus repart à 5 heures du matin. Ce retour au petit matin est fantastique, dans la nuit la piste est encore plus impressionnante, elle semble n’être que creux et bosses, et puis le jour se lève doucement et le paysage apparaît comme une pâle photo en noir et blanc; on arrive à Creel enfin, mais d’où revient-on ? Le bus de Creel à Chihuahua s’arrête souvent, à San Juanito notamment, où tous les hommes sont coiffés de chapeaux de rancheros, chaussés de bottes style « santiags ». Le western n’est pas loin ! Puis le paysage change, la montagne s’écarte pour faire place à d’immenses plaines jaunes ou brunes et bientôt nous sommes à Chihuahua que nous visiterons demain. > Pour avoir des infos sur les horaires et tarifs du CHEPE
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